Notre vision — Pluraxis

Notre vision

D’un monde analogique à un monde numérique

Nous avons l’impression d’avoir basculé dans le numérique. Smartphones, algorithmes, intelligence artificielle : tout semble aller très vite. C’est en grande partie une illusion.

Nos organisations, nos institutions et nos marchés fonctionnent encore selon une logique analogique, celle de la matière. Elles utilisent les outils numériques avec une habileté redoutable, mais pour les plier à leur propre logique : la rareté organisée, l’opacité, la rétention de l’information.

Ce phénomène porte un nom : la dénumérisation. Ce n’est pas l’absence de numérique, c’est le retournement de sa nature même.

Deux logiques, deux sociétés

Dans une société analogique, il y a des circuits.
Dans une société numérique, il y a des réseaux.

Dans une société analogique, on croit un tiers de confiance.
Dans une société numérique, on vérifie par un calcul cryptographique.

Dans une société analogique, on copie.
Dans une société numérique, on prouve.

Dans une société analogique, l’information vaut par sa rétention.
Dans une société numérique, elle ne vaut que si elle circule.

Le biologiste Henri Laborit l’avait pressenti dès 1974 : ce que le vivant ajoute à la matière, ce n’est ni masse ni énergie, c’est de l’information. Les organismes qui s’organisent en hiérarchies fermées s’épuisent. Ceux qui font circuler l’information jusqu’à leurs extrémités gagnent en autonomie. Il en va de même pour nos organisations.

Pourquoi les registres distribués

En 2008, deux futurs apparaissent la même année. D’un côté, une crise financière révèle des instruments si complexes que leurs créateurs n’en maîtrisent plus le risque. De l’autre, le livre blanc de Bitcoin propose que l’information sur les transactions puisse être vérifiée par tous, sans dépendre d’un intermédiaire.

Les technologies de registres distribués ne sont pas une mode financière. Elles posent une question de fond : qui détient la preuve, et qui peut la vérifier ? Posséder ses clés, ses données, son identité numérique plutôt que de les confier à un tiers, c’est l’un des leviers par lesquels le réseau redistribue ce que l’analogique concentrait.

Mais la technique ne garantit rien. Internet est né ouvert et s’est refermé sur quelques plateformes. Les blockchains connaissent déjà la même tentation. Ce qui décide de l’issue, ce sont les choix de ceux qui les déploient.

Former au discernement, pas à l’enthousiasme

Toute numérisation n’est pas un progrès. Nous formons nos apprenants à poser quatre questions avant chaque projet :

  1. Crée-t-elle de la valeur pour celui qui la subit, ou seulement pour celui qui la déploie ?
  2. Décentralise-t-elle le pouvoir, ou le concentre-t-elle ?
  3. Les données produites sont-elles ouvertes ou fermées ?
  4. Qu’apporte-t-elle réellement que l’outil précédent n’apportait pas, et à quel coût énergétique ?

Ce cadre s’applique aux registres distribués comme à l’intelligence artificielle. Il permet de distinguer un outil qui sert l’organisation d’un outil qui la capture.

Agir sur les règles, pas seulement sur les réglages

La chercheuse Donella Meadows a montré que l’on intervient presque toujours sur les paramètres d’un système, là où l’effet est le plus faible. Ce qui transforme réellement une organisation, ce sont ses règles et ses buts : qui décide, selon quelle procédure, avec quelle possibilité de vérification.

C’est pourquoi nos formations s’adressent d’abord aux profils non techniques : juristes, financiers, dirigeants, responsables de la conformité. Ce sont eux qui écrivent les règles. Comprendre l’architecture d’un protocole n’est pas une compétence d’ingénieur, c’est une condition de la décision éclairée.

Une pluralité, des perspectives

Pluraxis tient son nom de cette conviction : il n’existe pas une seule manière d’habiter le numérique. Nos programmes croisent le droit, la finance, l’économie, la sociologie et la technique, pour que chaque apprenant construise sa propre lecture, à titre professionnel comme à titre personnel et souverain.

« Le vrai problème de notre époque n’est pas technique. C’est que nous avons des outils du XXIe siècle au service de structures de pouvoir du XIXe. »